07/01/2022 – L’un des plus grands journaux danois a présenté des excuses à son lectorat, avouant avoir été « absorbés de façon presque hypnotique » par les discours des autorités pendant près de deux ans, et n’avoir pas fait preuve d’assez de vigilance.

Le Ekstra Bladet titre « Nous avons échoué ». Il s’agit de l’un des plus grands groupes de presse du pays, un quotidien généraliste en format tabloïd qui date de 1904.

Depuis la mi-décembre 2021, le Danemark a mis en place couvre-feu, passe sanitaire, tests obligatoires malgré la vaccination, fermeture des théâtres, cinémas, salles de concert… Des mesures qui avaient pourtant disparu en septembre 2021, au moment où le Danemark atteignait 73 % de vaccination.

Trois semaines plus tard, dans son article, le journal assure que :

«les experts nous expliquent la situation par des mouvements de pendules, nous mettant sans cesse en garde contre le monstre corona qui sommeille sous nos lits».

« Nous, la presse, avons fait le bilan sur notre travail, et nous avons échoué ».

À quoi cette soudaine prise de conscience est-elle due ?

– Aux chiffres des hospitalisations et des décès, et à l’interprétation que l’on peut en faire : « Quelle est la différence entre « avec Covid », et « du Covid » ? Nous ne nous sommes pas posée la question au bon moment. Cela fait une grande différence ».
C’est une hypothèse émise depuis longtemps par lesdits complotistes, selon laquelle les chiffres seraient largement gonflés par l’étiquetage abusif des cas « Covid », qui souvent, souffrent de comorbidités. Alors, « avec Covid » ou « du Covid » ?

« Les chiffres officiels d’admission se sont avérés être 27 % plus élevés que le chiffre réel du nombre de personnes hospitalisées simplement parce qu’elles sont atteintes du Covid-19. Nous ne le savons que maintenant », avouent-ils dans l’article.

– Autre exemple mis en avant par le journal : celui des vaccins. « Les vaccins sont constamment désignés comme notre « super arme ». Et nos hôpitaux sont appelés « super hôpitaux ». Néanmoins, ces « super-hôpitaux » sont apparemment soumis à une pression maximale, même si la quasi-totalité de la population est armée d’une « super-arme ». Même les enfants sont vaccinés, dans une très large mesure, ce qui n’a pas été fait dans nos pays voisins », explique humblement le Ekstra Bladet pour souligner le manque d’efficacité des vaccins, notamment pour faire face à Omicron, qui contamine les vaccinés comme les non-vaccinés. Un constat qui fait écho à ce que l’on peut entendre en France.

Aussi le journal tient-il à partager son échec avec les autorités : « Dans l’ensemble, les messages adressés par les autorités et les responsables politiques au public dans cette crise historique laissent beaucoup à désirer. Ils mentent, comme ils l’ont toujours fait lorsque la population perd confiance en eux ».

Ce n’est pas la première fois qu’un média fait un mea culpa pour sa couverture de la pandémie de coronavirus. En juin 2021, Bild, le plus grand journal allemand, avait présenté ses excuses pour ses articles. Le rédacteur en chef avait déclaré dans une vidéo rendue publique qu’il avait particulièrement honte vis-à-vis des enfants allemands à qui l’on avait dit « qu’ils allaient tuer leur grand-mère ».

Dans un autre registre, en Suisse, le patron d’un groupe de médias a récemment été critiqué pour avoir demandé à ses journalistes d’adopter la « ligne pro-gouvernementale » au sujet de la crise sanitaire.

Sources
https://fr.businessam.be/un-journal-danois-sexcuse-pour-sa-couverture-peu-critique-de-la-pandemie-nous-avons-echoue
https://www.francesoir.fr/politique-monde/nous-avons-echoue-un-grand-titre-danois-presente-ses-excuses-et-charge-les-autorites
https://ekstrabladet.dk